Bibliométrie

Introduction

La bibliométrie peut être définie comme « l’application des mathématiques et des méthodes statistiques aux livres, articles et autres moyens de communication » (Pritchard, 1969).

C’est au début des années 60 que Eugene Garfield développe l’idée d’utiliser les citations présentes dans les articles scientifiques, afin de lier les articles entre eux. Il crée alors l’Institute for Scientific Information (ISI) et le premier volume du Science Citation Index, qui recense les articles dans le domaine scientifique.

 

Les 3 bases de données

  1. Science Citation Index, propriété de Thomson Reuters. Ces bases de données sont exploitées par Web of Science. Le contenu est accessible sur abonnement via ISI Web of Knowledge. 5 000 revues scientifiques recensées par Science Citation Index
  2. Scopus, propriété de l’éditeur Elsevier, le concurrent d’ISI. Ces bases de données sont exploitées par Scopus.com sur abonnement.  Un groupe de travail espagnol et portugais crée par Scimago. Il crée le site web libre d’accès qui permet de classer les revues et les pays dont les citations sont indexées par Scopus. La provenance géographique des titres est plus variée avec Scopus qu’avec ISI.
  3. Google Scholar, propriété de Google. Le but est d’inclure non seulement les articles avec comité de lecture mais également les thèses, chapitres de livres, rapports techniques, brevets…disponibles sur la toile. Les sources ne sont cependant pas affchées, ni les dates de couverture. À partir de Google Scholar, le logiciel Publish or Perish permet de calculer quelques indicateurs bibliométriques par auteur, journal ou article. Il existe également un logiciel semblable à PoP et appelé Tenurometer disponible sur le navigateur Firefox.

Les principaux indicateurs

  1. Facteur d’impact d’une revue (propriété de propriété de Thomson Reuters) : c’est le nombre moyen de citations reçues par l’ensemble des articles de la revue dans les deux ans (facteur d’impact à 2 ans) ou cinq ans (facteur d’impact à 5 ans) suivant sa publication, divisé par le nombre d’articles publiés par la revue pendant la même période. Il mesure l’importance d’un journal pour la communauté scientifique.
  2. Eigenfactor (propriété de Thomson Reuters). Il mesure l’influence d’une revue. Par l’Eigenfactor de 2011 est le pourcentage de citations reçues par l’ensemble des articles de la revue J au cours de la période 2010-2006 sur le total de citations reçues pendant la même période par l’ensemble des articles de l’ensemble des revues enregistrées dans le Journal Citation Reports.
  3. Facteur h (H-index) : proposé en 2005 par le physicien Jorge Hirsch, il est considéré comme un indicateur composite de la production scientifique et de la visibilité d’un chercheur. Un chercheur aura un h-index égal à N s’il a publié au moins N articles cités au moins N fois. Un chercheur qui publie beaucoup mais dans des revues peu citées aura un faible facteur h. Et inversement. L’indice h ne peut jamais diminuer, même si le chercheur a cessé son activité. L’analyse peut porter sur les revues indexées dans la base de données Web of Science, Scopus ou Google Scholar. Dans ces deux dernier cas, l’analyse se fera respectivement par l’utilisation des logiciels Scimago et Publish or Perish. Il faut toujours indiquer la source à partir de laquelle le h index est calculé.
  4. Facteur g  (g-index): développé par Leo Egghe en 2006, il est semblable au facteur h mais donne plus de poids au score de citation des articles les plus visibles. C’est le nombre g d’articles dont la somme des nombres 
de citations est au moins g2 (un g-index de 10 indique que l’auteur a écrit 10 papiers dont la somme des citations est au moins de 100).

Exemple 1: un chercheur a publié 9 articles cités respectivement : 18, 13, 9, 7, 6, 4, 2, 1 et 0 fois (soit 60 citations).

Son facteur h est : 4 (4 articles cités au moins 4 fois)

Son facteur g est : 7 (72 inférieur à 60)

Exemple 2: un chercheur a publié 8 articles cités respectivement : 43, 38, 30, 16, 4, 3, 2 et 1 fois (soit 147 citations).

Son facteur h est : 4 (4 articles cités au moins 4 fois)

Son facteur g est : 8 (82 inférieur à 147)

 

Les autres indicateurs

  1. Citations ISI Web of Knowledge
  2. Citations Google Scholar

Références

Bornmann et coll. (2012). Cette revue explique en détails comment est calculé le facteur d’impact mais aussi les « mauvaises » utilisations qui peuvent en être faites. On y parle aussi de d’autres données pour évaluer les périodiques qui ont été développés : le Eigenfactor, le h-index, le SCImago Journal Rank.

Garfield et coll. (2006). Cet article fait un historique du facteur d’impact et traite des enjeux de son utilisation. Il est écrit par la personne à l’origine des Social Sciences citation index et Sciences citation index, ce qui est à la base du calcul du facteur d’impact. Il a aussi été impliqué dans le développement du facteur d’impact. Garfield détaille bien ce qu’est le facteur d’impact et pourquoi il a été développé.

Que mesurent les indicateurs bibliométriques ?

Le JCR facteur d’impact (IF) et le SCImago Journal Rank Indicator (SJR) des revues françaises : une étude comparative

Guide à l’utilisation Publish or Perish