Les données probantes sur les psychothérapies

Les données probantes sont composées de multiples formes de données, combinées de manière à établir un équilibre entre rigueur et convenance, le premier de ces deux aspects étant toutefois préféré au deuxième.

Elles reposent en premier lieu sur des résultats de recherches de haute qualité, basés sur une méthodologie appropriée. Elles constituent alors les données probantes les plus précises.

Cependant, les études sont souvent incomplètes et parfois contradictoires ou non disponibles. Dans ce cas, d’autres catégories de renseignements sont nécessaires pour les compléter ou les remplacer.


Pourquoi s’intéresser aux données probantes ?

• Améliorer l’observance au traitement et l’alliance thérapeutique.

• Diminuer les coûts liés aux soins et aux traitements des troubles mentaux.


Les principales psychothérapies évaluées

• Thérapie psychodynamique
Dans cette approche, le thérapeute aidera la personne à identifier les conflits inconscients et irrésolus de l’enfance, à lui faire prendre conscience de leur influence néfaste sur son fonctionnement actuel, afin de s’en dégager progressivement. Cette thérapie a donc pour but d’établir un lien entre les conflits refoulés et non résolus de la personne et ses problèmes présents.

• Thérapie cognitivo-comportementale
La thérapie cognitivo-comportementale a deux aspects: la thérapie comportementale et la thérapie cognitive. Le traitement comportemental est basé sur le fait que le comportement est appris et peut donc être changé. Les exemples de techniques comportementales incluent l’exposition, la planification des activités, la relaxation et la modification du comportement. La thérapie cognitive est basée sur le principe que les émotions non désirées et les comportements inadaptés sont le résultat de pensées négatives. Par conséquent, cette approche consiste à apprendre de nouveaux comportements et à remplacer ces mauvaises pensées par d’autres plus adaptées.

• Thérapie comportementale dialectique
Développée en 1980 par l’américaine Marsha Linehan, la thérapie comportementale dialectique a pour objectif notamment de réduire les comportements négatifs, en particulier les émotions négatives. Elle est particulièrement utilisée chez des patients souffrant de trouble de la personnalité limite.

• Thérapie familiale
La thérapie familiale se concentre explicitement sur la modification des interactions entre les membres de la famille et cherche à améliorer le fonctionnement de la famille en tant qu’unité ou celui des membres de cette famille. Cette thérapie est surtout utilisée dans un objectif de réhabilitation psychosociale et dans le traitement de troubles chez l’enfant et l’adolescent.

• Thérapie interpersonnelle
La psychothérapie interpersonnelle est une approche brève et structurée qui traite des questions interpersonnelles. L’hypothèse sous-jacente de cette forme de thérapie est que les problèmes de santé mentale et les problèmes interpersonnels sont interdépendants.

• Psychoéducation

La psychoéducation n’est pas une forme de thérapie, mais plutôt une forme d’éducation spécifique à des patients souffrant de troubles mentaux. La psychoéducation consiste à fournir à ces patients des informations spécifiques sur leur diagnostic, les causes, les symptômes et les conséquences de ces troubles mentaux. De l’information est également fournie sur les médicaments, le pronostic et les facteurs de risque ou protecteurs. En outre, les capacités d’adaptation des patients sont également renforcées et utilisées pour contribuer à leur bien-être à long terme. La psychoéducation peut être donnée individuellement ou en groupe.

• Désensibilisation et Reprogrammation par des mouvements oculaires  (DMOR)

Forme de psychothérapeutie mise au point par la psychologue Francine Shapiro en 1987 consistant à désactiver les émotions, les images et les pensées stockées dans le cerveau suite à un événement traumatique. Alors que le patient est plongé dans ses souvenirs, le psychologue produit simultanément une stimulation sensorielle par déplacement de son doigt ou d’une lumière devant les yeux du patient.

• Thérapie centrée sur les émotions

Cette thérapie combine une approche thérapeutique collaborative et emphatique destinée à aider les personnes à accepter, comprendre, exprimer et gérer leurs émotions pour soulager leur détresse, mieux communiquer avec les autres et surmonter les défis de leur vie. Cette thérapie aide également à changer les états émotionnels problématiques et chroniques tels que la dépression et l’anxiété.

• Thérapie d’auto-assistance (self-help therapy)

Connue également sous le nom de bibliothérapie, elle est utilisée seule ou en combinaison avec un traitement traditionnel. La plupart des programmes d’auto-assistance sont basés sur les principes de la thérapie cognitivo-comportementale. Dans les programmes d’auto-assistance, les individus lisent des livres ou utilisent des programmes informatiques pour les aider à surmonter les problèmes psychosociaux. Certains programmes d’entraide comprennent un contact rapide avec un thérapeute (auto-assistance guidée) tandis que d’autres ne le font pas (auto-assistance pure).

• Thérapie interpersonnelle

Cette thérapie de court-terme (12-16 séances) encourage le patient à maîtriser de nouveau le contrôle de son humeur et de son fonctionnement. Le thérapeute met l’accent sur les relations actuelles du patient et l’aidera à résoudre les problèmes interpersonnels (deuil non résolu, conflits et déficits interpersonnels, transitions difficiles) à l’origine de problèmes psychologiques dont la dépression. Les objectifs sont notamment de réduire les symptômes dépressifs et augmenter l’estime de soi.


Comment a été évaluée l’efficacité des psychothérapies ?
Dans le but de faire état de la diversité des sources d’information en lien avec les données probantes sur les psychothérapies, nous avons effectué une synthèse de trois rapports publiés depuis 1998:

• American Psychological Association (APA). Special section: Empirically supported psychological therapies, 1998.
• INSERM. Psychothérapie : trois approches évaluées. Synthèse. Institut national de la santé et de la recherche médicale. Les éditions Inserm, 2004. ISBN 2-85598-831-4.
• The Australian Psychological Society (Aus.PS). Evidence-based Psychological Interventions in the Treatment of Mental Disorders : A Literature review. The Australian Psychological Society, Third Edition, 2010.

Ces organismes, après avoir passé en revue les études de recherche, ont classé l’efficacité des psychothérapies selon les critères suivants:
• Efficace : la thérapie a été reconnue efficace selon une ou plusieurs méta-analyses ou revues systématiques ou lorsque des études contrôlées randomisées sont convergentes et de forte puissance statistique.
• Présomption d’efficacité : la thérapie a été reconnue potentiellement efficace suite à la publication d’une une ou plusieurs méta-analyses ou études contrôlées randomisées pouvant se contredire et nécessiter confirmation.


Les troubles mentaux visés

Les troubles mentaux pour lesquels les approches ont été évaluées sont les suivants :

Troubles de l’humeur

Troubles anxieux

Troubles de la personnalité

Troubles liés à une substance – Addiction

Troubles des conduites alimentaires

Troubles obsessionnels-compulsifs

Stress post-traumatique

Schizophrénie

Troubles somatoformes

Troubles du sommeil

Sources
Avis sur l’accès équitable aux services de psychothérapie. Institut national d’excellence en santé et en services sociaux. Rapport rédigé par Alvine Fansi et Cédric Jehanno, juin 2015.

INSERM. Psychothérapie : trois approches évaluées. Synthèse. Institut national de la santé et de la recherche médicale. Les éditions Inserm, 2004. ISBN 2-85598-831-4.

The Australian Psychological Society (Aus.PS). Evidence-based Psychological Interventions in the Treatment of Mental Disorders : A Literature review. The Australian Psychological Society, Third Edition, 2010.

La thérapie cognitivo-comportementale (plusqu1souvenir.ca). Centre d’étude sur le trauma, Institut universitaire en santé mentale de Montréal.